Historique

LE LABORATOIRE DE RECHERCHES 

VETERINAIRES ET ZOOTECHNIQUES DE FARCHA :

ETAT DE LIEUX ET PERSPECTIVES

Dr ASSANDI OUSSIGUERE et

Dr MAHO     ANGAYA

  • Etat de lieux
  • Historique du L.R.V.Z.

La recherche vétérinaire et zootechnique a débuté au Tchad dans les années vingt avec la création de quels centres répartis dans différentes régions. Puis, il s’est avéré nécessaire de mettre en place une instruction de coordination : c’est ainsi que fut créé en 1949, le L.R.V.Z. qui a ouvert ses portes en 1952. L’établissement avait pour principe mission l’amélioration de la santé et des productions animales, et sa création visait à répondre aux besoins de l’Afrique centrale francophone. Jusqu’en 1985, sa gestion fut à l’institut de l’élevage et de médecine vétérinaires pays tropicaux (I.E.M.V.T., qui est devenu aujourd’hui le Cirad-E.M.V.T.)Il faut noter toutefois que du fait des évènements politiques survenus au Tchad, le laboratoire a été fermé de 1978 à 1982 et ses activités n’ont requis que progressivement à cette date. Et il fut rétrocédé en 1985 aux autorités tchadiennes.

  • Statuts et liens institutionnels

Par ordonnance n° 006/PR/85 portant réactualisation de la situation du L.R.V.Z. et son décret d’application n° 090/PR/MEHP/85   (cf.    Annexe 1)   pourtant organisation et fonctionnement du L.R.V.Z. pris en conseil des Ministres en sa séance du 28 février 1985, le L.R.V.Z. est devenu un établissement publics à caractère industriel et commercial (Epic) doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Il est place sous tutelle du Ministre de l’Elevage et son directeur est nommé par décret présidentiel sur proportion du Ministre de tutelle.

Le L.R.V.Z. a pour attributions (article 2 de l’ordonnance n° 006/PR/85) :

  • la production des vaccins
  • la recherche en vue d’assurer une bonne couverture sanitaire du cheptel,
  • le diagnostic au sens large du mot,
  • la formation.

Le L.R.V.Z. est gérer par un conseil d’administration  (article 3 du décret d’application n° 090/PR MEHP/85) qui est compétant pour examiner, entre autre : les problèmes techniques, la coopération scientifiques, les résultats des programmes de recherche et les liens entre la recherche et le développement. Pour l’instant, le président du conseil d’administration est désigné nominativement et non selon la fonction. Le présent du président du conseil d’administration est le directeur général du Ministère de l’élevage. Le laboratoire bénéficie d’une relative indépendance de fonctionnement. Il dépend théoriquement de Direction de l’enseignement, de la formation et de la recherche vétérinaire et zootechnique (D.E.F.R.V.Z.) du Ministère de l’Elevage qui dispose d’une division, chargée de concevoir et d’organiser les activités de recherche au sein du Département. Dans la pratique, le laboratoire de farcha conçoit, réalise et évalue ses programmes de recherche en concertation avec le bailleur de fond intéresse. Il n’y a donc pas véritablement expression d’une politique et d’un programme national des activités de recherche.

Les relations entre le L.R.V.Z. et la Direction de la recherche scientifique et technique (D.R.S.T.) DU Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche sont tout aussi inexistantes, en dépit de l’existence d’un conseil national pour la recherche scientifique et technique (C.N.R.S.T.)

Actuellement, l’organigramme du L.R.V.Z. et celui figurent ci-dessous.

Le L.R.V.Z. est divisé en 5 divisions et en un grand nombre de services, ne comportant parfois qu’un chercheur et un technicien.

  •   Infrastructures et moyens matériels

Le laboratoire occupe une superficie de 30 hectares, qui se retrouvent actuellement situes en pleine zone urbaine et industrielle de N’Djamena. Il est compose de 2 bâtiments techniques a un étage, d’un bâtiment administratif, de 5 autres bâtiments annexes, de 13 villas, d’étables, d’un garage et d’ateliers, d’un local pour le groupe électrogène et d’un forage avec château d’eau. Si une partie des bâtiments  a pu être correctement entretenue, grâce à l’effort soutenu de l’équipe chargée de l’entretien, la plus part des travaux ayant été réalisés sur des financements extérieurs, ce n’est pas le cas de l’ensemble des laboratoires de recherche  et de diagnostic. Aucune d’entre eux ne respecte les normes internationales d’hygiènes et de sécurité.

Le laboratoire ne possède pas d’installations permanentes de recherche en d’autres points du territoire. Cette concentration à N’Djamena constitue un problème, toutes fois compensée par les nombreuses missions que réalisent les agents du L.R.V.Z. à l’intérieur du pays. De nombreuse action de recherche ont lieu dehors de la zone de N’Djamena, ceci ayant une nette tendance à se développer grâce aux agents en poste à l’intérieur du pays et travaillant sur des projets dans lesquels le laboratoire intervient en sous-traitant ou en partenaire.

Les ressources humaines sont importantes. L’effectif du personnel du L.R.V.Z. s’élève à 111 agents dont 29 chercheurs, 41 techniciens et 41 agents d’appui.

Les cadres moyens et supérieurs du laboratoire sont mis à la disposition de l’établissement par le ministre de l’élevage. Le L.R.V.Z. procède très rarement à la sélection des cadres mis à sa disposition. Les ressources humaines sont par ailleurs très instables, car les possibilités financières limitées du laboratoire ne permettent pas de retenir le personnel en quête des emplois plus rémunérateurs.

Bien qu’il est connu ces dernières années une augmentation sensible, l’effectif de cadres supérieurs nationaux : 29 personnes et pour répondre à tous les enjeux. Néanmoins, il constitue un de chercheurs compétant. Seul un quart de ces cadres ont reçu une formation doctorale. Les compétences nationales sont depuis très longtemps appuyées par des cadres expatriés. Il y avait eu des assistants techniques suisses et hollandais, mais les agents du ministère français de la coopération et du Cirad-E.M.V. T. ont été et sont toujours les partenaires les constant du laboratoire.

En ce qui concerne la formation de ses cadres et techniciens, le laboratoire ajuste au mieux les possibilités qui lui sont offertes entre formation permanente et formation diplômant.

  • Ressources financières

Le fonctionnement de l’institution repose sur 3 sources de financement :

– le soutien public (subvention et salaires des fonctionnaires)

-les ressources propres,

– les financements extérieurs.

La subvention annuelle de l’Etat tchadien représente 100 millions de francs CFA inscrit au budget de l’Etat mais très souvent le L.R.V.Z. ne la perçoit pas entièrement. Les autres ressources proviennent de la vente de vaccins qui représente plus d’un tiers des ressources propres (84 millions), la location de locaux, les refacturations diverses et les prestations de services qui représentent au total un peu moins d’un tiers des ressources du laboratoire (60 millions).

La quasi-totalité des activités des recherche-développement sont financées par des projets soutenus par des bailleurs de fonds extérieurs  (250 millions environ en 1999).

La part de l’Etat dans le fonctionnement du laboratoire  5salaires des fonctionnaires plus subvention) et assez réduite 23 %. Dans un contexte de désengagement de l’Etat, le L.R.V.Z.                                   n’espère pas une augmentation significativement de celle-ci.

Depuis deux ans, du fait de son statut d’Epic, le laboratoire a entrepris de se positionner en tant que bureau d’étude sur des appels d’offre soumis à concurrence. Cette politique devrait être poursuivie dans l’avenir afin de drainer des fonds supplémentaires ce qui augmenterait les revenus propres de l’établissement.

  • Programmes et projets de recherche

Certains programmes de recherche développement ont permis d’obtenir des résultats notables. On peut ainsi citer pour les plus récent : le Projet régional de recherche sur les petits ruminants (P.R.R.P.R), le Programme d’écologie pastorale (P.EP.), le Réseau  d’observation des pâturages naturels du Tchad (Ropanat) et le Projet peste dans petits ruminants  (P.P.R) on signaler également les travaux sur la dermatophilose, la génétiques des populations camelines, la conservation de la race bovine Kouri, la modélisation mathématiques de la Pest bovine, …

D’autres programmes importants sont en cours de réalisation : diagnostic et détermination des dominantes pathologiques ; peste bovine (sérosurveillance et épidemiovigilance) ; trypanosomoses animales; suivi des troupeaux de petits ruminants (facteurs de risques des avortement et de la mortalité des jeunes) ; réseau d’epidemiosurveillance des maladies animales au Tchad (Repimat) ; génétiques des populations de ruminants ; économie des filières (lait, porc, …) ; mobilité des troupeaux , accès a l’eau, aux ressources et au foncier ; potentiel fourrager et dégradation ; mode de gestion concertée du terroir pastoral ; valorisation des résidus de cultures et des sous-produits agro-industriels.

La plupart de ces recherches sont réalisées pour le compte d’importants projets mis en œuvre à l’échelle nationale ou internationale. Pour l’instant, le L.R.V.Z.  Pilote ou participe à une série de projets de recherche et de recherche-développement. Parmi ceux-ci, on peut citer :

 

PROJETS

 

THEMES

 

FINANCEMENT

Appui au secteur de l’élevage au Tchad

Oriental (A.S.E.T.O.)

Sante animale

Génétique des ruminants

Utilisation et gestion des naturelles

Systèmes de production et zootechnie

F.A.C
Projet de sécurisation   Des systèmes pastoraux (P.S.S.P.) Systèmes de production des transhumants

Gestion de l’espèce pastorale

Gestion des conflits

Appui à la filière cameline

F.A.C
Pôle régional de recherche appliquée au développement des savanes d’Afrique Systèmes de production

Systèmes fourragers

Etudes de terroirs

Etudes de filières (lait, viande, marché)

F.A.C
Centrale (Prasac)
Relation élevage, faune sauvage et           environnement autour des aires protégées  (sud-Est du Tchad) Identification des relations positives et

négatives entre le bétail et la faune

participation des éleveurs transhumants au

recueil de données sur

environnement,

gestion des ressources naturelles par les

communautés rurales

Fonds français pour l’environnement mondial (F.F.E.M.) dans les cadres de l’initiative lead
Projet d’appui à la filière

Lait

Hygiène et qualité de la filière lait Agence française   de développement (A.F.D.)
Programme

D’hydraulique pastorale

Dans le Kanem

(P.H.P.K)

Ressources naturelles et hydrauliques

Cartes de formations pastorales du Kanem

Analyse de données sur systèmes

d’élevage

Agence française   de développement (A.F.D.)
Programme africain pour le contrôle des épizooties

(Pace)

Lutte contre la peste bovine

Faune sauvage et sante du bétail

Union européenne
Projet sante des nomades Médecines unie : médecine humaine –

médecine vétérinaire au Tchad

Fondation

Nationale Suisse

Projet rage Lutte contre la rage en milieu urbain –

diagnostic et prévention

Fondation

Nationale Suisse

PSAP

Projet de services Agri-coles et pastoraux PSAP

Dominantes pathologiques asines Banque Mondiale

Les publications scientifiques réalisées par les chercheurs du L.R.V.Z. se situent en nombre et en qualité an niveau correct même si des efforts d’amélioration doivent être faits.

  • Relations avec les autres institutions de recherche

Le L.R.V.Z. assure une animation scientifique dynamique en organisant des jouées agro-sylvo-pastorales. C’est un lieu d’échanges importants entre chercheurs et cadres du développement. Il dispose également d’un service de documentation de qualité qui apporte son appui à tous les acteurs de l’élevage.  Malheureusement il manque un documentaliste de formation pour assurer une bonne gestion.

Le L.R.V.Z.  Constitue une structure d’accueil pour des formations. Chaque année, il accueille des stagiaires des écoles, instituts et universités d’horizons très divers  (Tchad,  Afrique, Cirad, I.R.D.,  universités françaises) Ils sont encadrés par les chercheurs du laboratoire pour des mémoires de fin d’étude ou de thèses. Le L.R.V.Z. assure également des formations à la carte individuelles ou par groupe, dans le domaine de l’élevage, de la gestion des ressources naturelles et des techniques de laboratoire.

Au Tchad, L.R.V.Z. travaille en concertation avec les cadres du Ministère de l’élevage, du Ministère de l’agriculture et du Ministère de l’environnement et de l’eau. Il est en relation avec différentes partenaires du développement (projet et organisations non gouvernementales) et avec les organisations professionnelles du secteur de l’élevage.

Le L.R.V.Z.  Coopère avec un éventail de partenaires pour un pôle régional de recherche. Il abrite actuellement le pole régional de recherche appliquée au développement des savanes d’Afrique centrale (Prasac), qui regroupe le Tchad, la Cameroun, la République centrafricaine et la France.

Outre ses partenaires  tchadiens et régionaux, la L.R.V.Z.   à des relations privilégiées avec la Coraf, le Cils, l’Insah, le Cirad, l’I.R.D., l’Icipe, l’Ilri, l’université de Liège, Pirbright, le muséum nationale d’histoire naturelle de Paris, l’Institut tropical suisse, vétérinaires sans frontière…

Au travers de nombreux projets et contrats de recherche développement, il reçoit l’appui financier de plusieurs bailleurs de fonds : Coopération française, Union européenne, fonds international pour le développement, banque mondiale, Institut tropical suisse, Cirad, fondation internationale pour la science…

  1. PERSPECTIVE : RENOVATION

L’évaluation de l’Etat de fonctionnement du L.R.V.Z  fait ressortir que malgré ses atouts, il présente de nombreuses zones de faiblesses. Il s’agit de les corriger au travers d’une nouvelle organisation. Les nouvelles mesures envisagées devront rendre le L.R.V.Z restructure plus performant et en adéquation avec les besoins du Tchad.

         2.1.    Objectifs généraux

La nouvelle institution aura pour objectifs généraux :

  • d’assurer des services : diagnostic, recherche, formation, production, de vaccins en adéquation avec les besoins des producteurs et selon la politique définie par le Ministère de l’élevage ;
  • de devenir un centre d’études sur l’élevage sahélien et soudanien, en, se réorganisant autour des thèmes de la transhumance, ainsi que de l’identification et de la gestion des ressources naturelles ;
  • d’axer la recherche sur la recherche appliquée au développement en partenariat avec les acteurs du développement : services publiques, projets, O.N.G, organisations professionnelles, … ;
  • d’avoir une meilleur lisibilité extérieur qui permettre d’afficher clairement aux partenaires ses objectifs

2.2    Objectifs spécifiques

Afin d’assurer pleinement ses objectifs généraux l’institution se dote d’objectifs spécifiques devant la guider

Il s’agit de :

  •  mettre l’institution a un niveau d’expertise lui permettant de s’insérer dans le réseau des centres de recherche et de diagnostics de valeur régionale ;
  •   disposer d’un laboratoire de diagnostic efficace,
  •  conduire de programmes de recherche développement : gestion des ressources pastorales, accès a l’eau, valorisation économique des produits, connaissance des maladies, … dans le but du mieux connaitre la stratégie des éleveurs et leurs contraintes ; une gestion concertée multi-usages des espaces pouvant alors être envisagée ; une attention particulière sera apportée à la transhumance ; on veillera notamment à :
  • diffuser le savoir-faire acquis par des publications scientifiques, rapports, colloques, organes de vulgarisation, séminaires de formation continue, … auprès des utilisateurs : services publiques, projets, organisations non gouvernementales, organisations professionnelles, … ;
  •    disposer d’une unité de production et de stockage de vaccins, adaptée aux besoins de l’élevage tchadien, capable de produire des vaccins testés et contrôlés au niveau national et international ;
  • mettre en place et soutenir un système de gestion du personnel de l’institution qui puisse faire appel au savoir-faire existant ; maintenir un haut niveau de compétence de son personnel par la formation initiale et continue ; assure le maintien d’une expertise de haut niveau qui puisse être sollicitée national et régional ;
  • assurer la réhabilitation et la pérennisation des infrastructures de l’institution en lui permettant de prendre en charge son entretien et son fonctionnement.

CONCLUSION

Les restructurations successives du laboratoire de Recherche vétérinaires et zootechniques de farcha depuis sa création visent à adapter cet instrument de recherche aux besoins du Tchad en matière de développement de l’élevage. La dernière restructuration est en cours. Elle sera effective avec l’adoption et la signature des documents administratifs y afférents. Mais le goulot d’étranglement est l’insuffisance chronique de ressources financières et humaines qui empêche d’assurer la pérennisation des actions du L.R.V.Z.

Un appui important en moyens financiers, matériels et humains est nécessaire pour permettre au L.R.V.Z. d’accomplir efficacement ses missions.

                   DOCUMENTS CONSULTES

 

  • Louis Berger International (Aout 1993): Projet de gestion économique et financière. Etude diagnostique des entreprises publiques :

LABORATOIRE DE RECHERCHE VETERINAIRES ET ZOOTECHNIQUES

Rapport phase I

  • Louis Berger international (Mai 1994): Projet de gestion économique et financière. Etude diagnostique des entreprises publiques :

LABORATOIRE DE RECHERCHE VETERINAIRES ET ZOOTECHNIQUES

Rapport phase II

  • Ministère de l’élevage (1998): REFLEXION PROSPECTIVE SUR L’ELEVAGE AU TCHAD.

Rapport principal 77 pages

  • Ministère de l’élevage (Septembre 2000): REFLEXION SUR LA RESTRUCTION DU L.R.V.Z. EVOLUTION VERS UN CENTRE DE RECHERCHE POUR LE CEVELOPPEMENT CE L4ELEVAGE ET DE LA TRANSHUMANCE (CERDET)